Ce que veulent vraiment les collaborateurs : guide des rémunérations pour améliorer la satisfaction en 2026
L’expérience collaborateur au quotidien est le point de convergence des grandes transformations liées à l’IA, à la planification des effectifs, à la paie et à la rémunération.
En Europe, une part importante des collaborateurs dispose d’une base solide : charge de travail maîtrisée, priorités claires et sentiment de durabilité. Cependant, une minorité significative évolue dans un contexte plus fragile.
Le rapport HR & Payroll Pulse 2026 montre notamment que 1 collaborateur sur 4 se déclare insatisfait, un signal d’alerte pour les entreprises européennes.
Cet article, basé sur les insights du SD Worx Research Institute, offre une lecture des attentes des collaborateurs en 2026 et explique comment des stratégies de rémunération plus intelligentes peuvent générer une valeur durable.
Analyser l’insatisfaction au travail : ce que ressentent les collaborateurs en 2026
Les résultats du Pulse 2026 montrent que les modes de travail actuels ne répondent pas pleinement aux attentes des collaborateurs en Europe. Si la majorité ne se déclare pas globalement insatisfaite, une minorité significative exprime un réel mal-être, et cette population ne doit pas être négligée.
Par ailleurs, près de la moitié des collaborateurs ne sont pas satisfaits de leur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Cela indique que, malgré un sentiment général de satisfaction, des améliorations sont nécessaires en matière d’équilibre.
Près d’un quart des salariés sont également confrontés à des comportements négatifs ou toxiques au travail, soulignant l’impact crucial du management sur l’organisation et l’expérience collaborateur.
Enfin, même si la majorité des collaborateurs déclarent vivre une expérience positive, le fait que 22 % signalent un impact négatif du travail sur leur santé mentale constitue un indicateur clé à prendre en compte.
22 % des collaborateurs déclarent que leur travail a un impact négatif sur leur santé mentale.
23 % estiment que le comportement de leur manager est toxique ou nuit à leur travail.
46 % considèrent que leurs talents sont pleinement valorisés.
Ces données montrent que les entreprises doivent accorder davantage d’attention à une meilleure clarté organisationnelle, à des politiques de rémunération plus transparentes et à des systèmes plus compréhensibles.
Si les principaux facteurs de satisfaction des collaborateurs restent une rémunération juste et compétitive ainsi que la sécurité de l’emploi, la création d’une culture de travail positive, saine et respectueuse est tout aussi essentielle.
43,4 % des collaborateurs placent le soutien des collègues et une atmosphère d’équipe positive parmi les cinq principaux facteurs de leur expérience au travail.
Les collaborateurs en Europe, confrontés à la hausse du coût de la vie ainsi qu’à divers facteurs politiques et sociaux, souhaitent évoluer dans des environnements de travail aussi positifs que possible. Le soutien sous toutes ses formes est un levier clé pour eux, tout comme le développement d’une culture d’entreprise saine et respectueuse : 36 % des collaborateurs la placent dans leur top 5, aux côtés du soutien des collègues (43,4 %) et de l’équilibre vie professionnelle / vie privée (37,8 %).
Ces éléments ne représentent toutefois qu’une partie de l’équation. La rémunération est le levier par lequel les entreprises démontrent concrètement à quel point elles valorisent leurs collaborateurs.
Que veulent réellement les collaborateurs en Europe ?
Une rémunération juste et compétitive reste le premier facteur de l’expérience collaborateur. Plus de la moitié des salariés (53 %) la placent dans leur top 5, devant la sécurité de l’emploi, l’équilibre vie pro/perso et tous les autres avantages.
Les données du Pulse montrent que 55,8 % des organisations proposent un salaire fixe, ce qui indique que la majorité des entreprises cherche à répondre à cette attente. Toutefois, de nombreuses organisations explorent aujourd’hui des solutions pour enrichir leurs packages de rémunération sans augmenter significativement les salaires.
52,2 % des entreprises explorent des avantages et d’autres options non salariales afin d’améliorer leur proposition de valeur employeur tout en maîtrisant les coûts.
Le coût du travail ne cesse d’augmenter, ce qui pousse les organisations à travers l’Europe à chercher des solutions pour fidéliser leurs collaborateurs ou attirer de nouveaux talents, sans recourir systématiquement à des salaires plus élevés. Mais concrètement, qu’attendent les collaborateurs, et comment ces attentes peuvent-elles orienter les stratégies de rémunération ?
Il apparaît que, même si une rémunération juste et compétitive reste un facteur clé, les collaborateurs accordent de plus en plus d’importance à davantage de congés et de flexibilité, en lien avec leur besoin global d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. À titre d’exemple, seuls 25,8 % des collaborateurs souhaitent un salaire fixe, ce qui illustre l’évolution des attentes vers des modèles de rémunération plus flexibles.
39,8 % des salariés souhaitent bénéficier de jours de congé supplémentaires, alors que seules 16,5 % des organisations en proposent dans leur politique de rémunération.
Lorsque l’on demande aux salariés quels types de rémunération ils souhaiteraient recevoir — indépendamment de ce qu’ils perçoivent actuellement — les jours de congé supplémentaires arrivent en tête. Près d’un salarié sur trois (30,6 %) souhaite bénéficier d’horaires de travail flexibles, alors que 27,1 % des entreprises proposent déjà cet avantage.
Un autre écart notable concerne les programmes de santé et de bien-être, tels que les bilans médicaux, les abonnements fitness, l’alimentation healthy ou encore les massages. Un quart des collaborateurs (25,5 %) exprime ce besoin, tandis que seulement 14 % des entreprises les intègrent dans leur politique de rémunération.
Par ailleurs, un déséquilibre persiste entre le besoin de renforcer les dispositifs de retraite et d’assurance santé et leur présence réelle dans les packages de rémunération. Ces écarts constituent de véritables indicateurs pour les responsables RH souhaitant répondre à la demande croissante de bien‑être et d’équilibre, au-delà des seuls enjeux de performance et de productivité.
Plus globalement, les données du Pulse mettent en évidence un décalage entre ce que les collaborateurs reçoivent et ce qu’ils valorisent réellement. Toutefois, le bon mix de rémunération dépendra toujours de plusieurs facteurs : la localisation de l’entreprise, sa culture, les profils de postes et les différentes étapes de vie des collaborateurs.
Enfin, seuls 21,3 % des employeurs offrent aujourd’hui la possibilité de personnaliser son package de rémunération, alors même que cette option figure parmi les avantages les plus recherchés. Les organisations ont donc tout intérêt à investir dans des avantages réellement plébiscités et à adopter une approche plus personnalisée et flexible des politiques de rémunération.
Bonnes pratiques : impliquer les collaborateurs dans la stratégie de rémunération. Impliquez vos collaborateurs dans la définition des politiques de rémunération.
Consacrez du temps à des échanges directs ou mettez en place des enquêtes afin de mieux comprendre leurs attentes réelles. Investissez également dans des outils flexibles permettant aux collaborateurs de personnaliser leur package de rémunération en fonction de leurs besoins.
Qu’il s’agisse de recueillir des retours auprès des collaborateurs ou de les impliquer directement, il apparaît de plus en plus pertinent de s’éloigner d’une approche standardisée de la rémunération. Des stratégies plus flexibles sont généralement à la fois plus rentables pour les entreprises et mieux valorisées par les collaborateurs.
Au-delà du salaire, les salariés aspirent à un réel bien-être financier
Tout devient plus coûteux en Europe, qu'il s'agisse du travail, du recrutement ou du coût de la vie en général. Les organisations comme les employés sont confrontés, à des degrés divers, à une pression financière croissante.
En réponse, les entreprises cherchent à maîtriser leurs coûts, tandis que certains collaborateurs hésitent à aborder ces préoccupations avec leur employeur.
73,4 % des employeurs indiquent que les attentes salariales des collaborateurs ont augmenté en raison du coût de la vie.
52,6 % estiment que l’instabilité géopolitique et économique accroît la pression sur leurs politiques de rémunération.
35,5 % des collaborateurs considèrent que leur salaire reflète correctement le coût de la vie.
33,8 % se sentent à l’aise pour discuter ou demander une augmentation salariale.
Que les organisations puissent ou non se permettre d’augmenter les salaires, le constat est clair : les niveaux de rémunération actuels ne suffisent plus en Europe. Mais le stress financier ne se limite pas uniquement au revenu.
C’est précisément là que les entreprises peuvent jouer un rôle, même en l’absence d’augmentations salariales immédiates. Elles ont la capacité d’accompagner leurs collaborateurs grâce à une meilleure éducation financière et à un accompagnement adapté au contexte actuel. Les packages de rémunération peuvent ainsi inclure des dispositifs de bien‑être financier et des outils d’optimisation budgétaire.
Il est toutefois important de souligner que ces initiatives ne constituent pas une solution au problème de l’insécurité financière, mais plutôt un levier de soutien. Un soutien financier concret reste, pour les collaborateurs, une valeur ajoutée plus forte que le simple accompagnement, et certaines entreprises européennes commencent à s’engager dans cette voie.
Près de la moitié des employeurs (49,5 %) déclarent que leur organisation s’engage à soutenir financièrement ses collaborateurs face à la hausse du coût de la vie.
Le principal angle mort de la rémunération : l’absence de fondations solides
Aujourd’hui, de nombreuses entreprises en Europe développent leurs politiques de rémunération sans disposer de bases solides.
Les organisations expérimentent, par exemple, des plans cafétéria et des budgets mobilité, tout en offrant aux collaborateurs la possibilité d’optimiser leurs avantages. Toutefois, ces initiatives restent souvent des réponses à court terme, qui n'abordent pas les enjeux de manière stratégique ou systémique.
Les analyses du SD Worx Research Institute révèlent un manque notable de structure et de cohérence dans la conception et la mise en œuvre des politiques de rémunération. Dans de nombreux cas :
- les grilles salariales ne sont pas clairement définies
- les descriptions de poste manquent de cohérence
- l’architecture des fonctions n’est pas suffisamment développée
Ces lacunes compliquent fortement la gouvernance et la gestion des politiques de rémunération.
Des fondations solides permettent au contraire de garantir clarté, transparence et cohérence, éléments indispensables à des systèmes de rémunération structurés et durables.
Les responsables RH doivent relever de nombreux défis en 2026, dont l’évolution des attentes en matière de travail et de rémunération n’est qu’un exemple. Le rapport HR & Payroll Pulse 2026, basé sur les recherches du SD Worx Research Institute, analyse ces enjeux et propose des bonnes pratiques pour y répondre efficacement.
Pour découvrir les dernières analyses fondées sur des données probantes, rendez-vous sur la plateforme de l'Institut de recherche SD Worx afin de mieux comprendre et relever les défis spécifiques auxquels vous êtes confrontés en matière de rémunération et de gestion de la paie.
Vous souhaitez aller plus loin et découvrir les données qui étayent ces analyses ?
Le rapport européen HR & Payroll Pulse 2026 analyse l’évolution du monde du travail, les attentes actuelles des collaborateurs et les actions concrètes que les responsables RH peuvent mettre en place pour améliorer durablement l’expérience au travail.

