Les jeunes veulent prendre leur pension plus tôt que les plus de 55 ans

24 août 2021

S’ils pouvaient choisir, les travailleurs de plus de 55 ans voudraient déjà prendre leur pension à 64 ans. Les travailleurs de moins de 35 ans voudraient déjà le faire neuf ans plus tôt, à 55 ans. L’âge souhaité pour partir à la retraite varie en fonction du pays. Le fait de gagner plus ou de travailler moins d’heures incite le plus souvent les travailleurs à rester actifs plus longtemps sur le lieu de travail après l’âge légal de la retraite. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par le prestataire de services RH et payroll SD Worx auprès de 5.000 travailleurs en Belgique, en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

Les jeunes considèrent l’âge de 55 ans comme idéal pour la retraite

SD Worx a notamment demandé à 5.000 travailleurs européens quel était l’âge de la retraite souhaité. Chez les travailleurs de plus de 55 ans, cet âge est nettement plus élevé que chez les travailleurs entre 18 et 34 ans. Ce constat vaut dans tous les pays interrogés. Les plus de 55 ans en France voudraient prendre leur retraite à 62 ans et leurs collègues belges à 63 ans, tandis que les Britanniques et Allemands fixent l’âge idéal de la retraite à 65 ans et leurs compagnons d'âge néerlandais veulent continuer jusqu’à 66 ans. En moyenne, les indépendants de plus de 55 ans qui occupent du personnel veulent continuer à travailler le plus longtemps : jusqu’à leurs 68 ans, soit quatre ans de plus que la moyenne des salariés.

La différence avec les jeunes est frappante : les jeunes indépendants entre 18 et 34 ans veulent généralement partir le plus tôt à la retraite : en moyenne, dans tous les pays, à l’âge de 47 ans, avec l’Allemagne (en moyenne 40 ans) et la France (52 ans) aux extrémités. Les jeunes salariés le souhaitent également. Ainsi, les travailleurs belges entre 18 et 34 ans considèrent l'âge de 57 ans comme idéal pour la retraite. En France (55 ans), au Royaume-Uni (54 ans) et en Allemagne (52 ans),cet âge de la retraite idéal est encore un peu plus bas. Quant à eux, les jeunes Néerlandais veulent travailler nettement plus longtemps : jusqu’à leurs 60 ans. À l'heure actuelle, l’âge légal de la retraite est fixé à 65 ans en Belgique et en Allemagne. En France, c’est 62, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, c’est 66. 

« La différence marquée entre l'âge de la retraite souhaité chez les jeunes travailleurs et les plus de 55 ans est frappante, même si elle s'explique peut-être par la phase de vie dans laquelle ils se trouvent. En outre, il ressort des résultats que chaque catégorie d’âge souhaiterait prendre sa pension avant l’âge légal de la retraite. En résulte un champ de tension, si l’on veut que la sécurité sociale reste abordable. A cet égard, une politique de carrière et de RH durable est cruciale, en mettant l'accent sur l'engagement, le développement, la mobilité interne, l'employabilité et le bien-être », déclare Anne-Lise Demortier, Business Partner – Payroll & HR solutions chez SD Worx.

Le salaire supplémentaire semble être la motivation principale pour continuer à travailler plus longtemps

Globalement, la principale motivation pour continuer à travailler après l’âge légal de la retraite est liée au salaire : en moyenne 36 % de tous les travailleurs interrogés affirment qu’un salaire plus élevé les inciterait à ne pas encore prendre leur pension. En deuxième position (31 %), citons la diminution du nombre d’heures de travail. Le contenu du travail clôture le top trois : un travailleur sur cinq (21 %) indique qu’il travaillerait plus longtemps que l’âge légal de la retraite si le contenu de la fonction devenait plus intéressant ou avait plus de sens.

Toutefois, les facteurs de motivation ne sont pas les mêmes dans tous les pays et varient aussi selon l’âge, même si nous pouvons distinguer certaines tendances. Environ la moitié des travailleurs entre 25 et 34 ans en Belgique (48 %) et en France (51 %) continueraient à travailler plus longtemps moyennant un salaire plus élevé. Au Royaume-Uni (54 %) et aux Pays-Bas (35 %), cet argument motive surtout le groupe le plus jeune (18-24 ans). Le salaire supplémentaire reste un facteur clé dans les différents groupes d’âge, mais l’importance diminue avec l’âge. Une réduction du nombre d’heures de travail est essentielle dans les groupes d’âge plus jeunes et moins d’application pour les plus de 55 ans. La même tendance s'observe en termes de contenu : plus le travailleur est jeune, plus un travail intéressant et pertinent peut le convaincre de continuer à travailler plus longtemps.

 

« Il convient de souligner la division au sein du groupe des plus de 55 ans : dans chaque pays (sauf en Allemagne), c’est ce groupe qui déclare qu’il ne trouverait pas grave de travailler plus longtemps que l’âge légal de la retraite (en moyenne 18 %), mais c’est aussi celui qui indique le plus souvent que rien ne peut les faire continuer à travailler plus longtemps (29 % en moyenne) », explique Anne-Lise Demortier chez SD Worx.

Les jeunes travailleurs sont plus stressés

Étonnamment, les plus de 55 ans se sentent aussi plus énergiques au travail que leurs collègues âgés de 18 à 24 ans. Près de la moitié (49 %) du groupe cible plus âgé affirme déborder d'énergie très souvent. Les jeunes enregistrent un pourcentage inférieur, soit 24 %. En outre, une personne de plus de 55 ans sur cinq (20 %) déclare se sentir en forme chaque jour au travail, contre 12 % des jeunes travailleurs (18-24 ans). Cette différence s'explique peut-être par la perception du travail. Plus d’un travailleur sur trois (36 %) de la catégorie d’âge 18-24 ans associe souvent le travail à une charge mentale lourde. À partir de 55 ans, ce pourcentage baisse à 29 %.


« Nous remarquons que les travailleurs des catégories d’âge supérieures se sentent plus à l’aise et plus en forme ou plus énergiques au travail car l’ensemble des tâches leur est plus familier. Grâce à leur longue expérience, ils s'inquiètent moins vite et gèrent généralement bien leur travail. En outre, ils connaissent souvent une situation plus stable qu’un jeune travailleur qui se trouve au début de sa carrière et ressent davantage de stress en raison de l’équilibre vie professionnelle/vie privée ou de sa situation financière. Il appartient à l’employeur de sonder régulièrement ses travailleurs et d’intervenir à temps », commente Anne-Lise Demortier.